Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

samedi 21 octobre 2017

Vinta(n)ge


Roudoudou bis





Les échanges entre blogueur et visiteurs sont empreints de la plus grande cordialité.
L'autre jour, comme je publiai (ici) la photo de ce garçon plus que sympathique, Ugo m'apprit qu'il s'agissait du modèle suédois Simon J.Loof, né en 1996, champion de hockey sur glace.
Etienne, lui, par mail, m'envoya la photo ci-contre.
Ne manquent plus que les coordonnées du beau Simon.






Mon Simoninou,
je tiens absolument 
à t'offrir
un râteau et une pelle.

L'Amerigo Vespucci à Venise






L'Amerigo Vespucci (du nom du grand navigateur), voilier-école de la marine militaire italienne, vient de quitter la Sérénissime après un long séjour dans la lagune.
Ce navire, copie d'une frégate du XIXe siècle, fut construit en 1930 sur ordre de Mussolini. Récemment restauré, il parcourt le monde en bateau-école mais aussi en ambassadeur de la culture et des technologies italiennes.
Son port d'attache est Gênes
À Venise, qui subit jour après jour les incursions des bateaux de croisière gratte-ciel, chacune de ses visite est unanimement appréciée.
Les photos ci-dessus sont signées Philippe Apatie.

Photo Wolfgang Moroder



jeudi 19 octobre 2017

Du tissu, mais...


C'est fou, mon Loulou !


Je n'aime pas le classique...

mais avec Gaspard Proust, j'aime bien !


C'est le titre du concert-spectacle auquel j'assistai mardi chez Isabelle et Patrick (à Levallois-Perret, quoi !), dans le bel auditorium du Conservatoire Maurice Ravel. Au passage, visitant cette structure, on peut comprendre que des administrés ferment les yeux sur les exactions financières de leurs édiles. C'est là un paradoxe dans une société qui hurle volontiers au "tous pourris" et réélit de mandat en mandat des margoulins de cet acabit qui ont su mettre dans leur poche, outre les dollars, leur "clientèle".
Fermons cette parenthèse pour nous intéresser à ce concept de vulgarisation de la musique dite "classique" qui ne manque pas d'intérêt.
Gaspard Proust
Posons tout d'abord qu'ayant pendant des années navigué au cœur même de la scène humoristique hexagonale, ayant vu débuter la majorité des remplisseurs de salles actuels, je tiens Gaspard Proust  pour le meilleur d'entre eux, tout en gardant une oreille sur son camarade Vincent Dedienne, fraîchement arrivé, lequel, également, prouve qu'humour ne rime pas toujours avec gaudriole démagogique pour public présumé inculte.
Gaspard Proust joue actuellement son nouveau spectacle au Théâtre Antoine, comble chaque soir, sans avoir fait la moindre concession à la promo obligée qui trimballe les artistes de plateaux en plateaux, des pires talk-show (gasp !) aux émissions plus regardables-mais tout juste.
C'est, tout simplement, que le public n'a pas besoin de voir cinquante fois le même artiste à la télé(sans)vision pour appréhender la qualité d'un spectacle.
Le spectacle de M.Proust, donc, est ce qu'il y a de mieux actuellement, avec, notamment, un final époustouflant où notre société ultra-numérisée en prend plein la gueule avec de vrais mots qui font de vraies phrases en leçon de Français magistrale dispensée par ce Slovène que les aléas de l'existence ont promené, si je puis dire, de son pays natal vers l'Algérie et la Suisse, ensuite, avant qu'il ne s'installe (pour combien de temps ?) dans nos riantes contrées.

Pour revenir au concert-spectacle-conférence-drôle (donné initialement à la Philharmonie excusez du peu !) auquel j'ai eu le privilège d'assister mardi, le concept en est simple et lumineux : l'humoriste fait découvrir des œuvres du répertoire qu'il a choisies, jouées par des musiciens du meilleur niveau, et intervient, dans son style, mais avec mesure, entre les différentes pièces, truffant son discours de références souvent pointues et d'anecdotes sur les grands compositeurs, sans négliger de faire incursion dans notre quotidien, éreintant au passage Macron et consorts, décochant des flèches trempées dans le curare à cette pauvre Anne Hidalgo (ça plait beaucoup, à Levallois !), petit sacrifice facile à la mode actuelle du dénigrement de la Maire de Paris.
L'incomparable Carlos Kleiber
L'essentiel reste néanmoins la Musique Majuscule, dont Gaspard Proust est un adepte fervent, lui qui possède une impressionnante collection de disques, sachant faire la différence entre les interprétations discographiques d'anthologie, pouvant citer avec délectation Furtwangler et son Eroica  de décembre 1944 avec la Philharmonie de Vienne, démolissant avec une mauvaise foi assumée les "Français", dont Alfred Cortot et Samson François (quel salaud !) et rendant justice à un Carlos Kleiber, me faisant (enfin) boire du petit lait, en commune vénération.
Enfin, devant un public subjugué, présentant le magnifique Quatuor Werther (le troisième de Brahms), il cite longuement Goethe... en allemand (parfait) dans le texte, ajoutant que, bon, vu le public haut-de-gamme de Levallois, il juge inutile de traduire.
Dans l'ombre pendant l'exécution (sans jeu de mots) des œuvres, et notamment pendant un extrait de L'Art de la Fugue de Bach (le plus grand, la clé de voûte, la base de tout, il a raison !), on le surprend à "diriger" d'une main, habité par la musique, qui est sans doute l'amie consolatrice de cet homme qui se définit comme "asocial".
Le but (faire passer une soirée inoubliable à un public varié où se mêlent mélomanes et néophytes) est largement atteint : se glissent dans les choix de l'humoriste des œuvres "difficiles" (ah, le huitième quatuor de Chostakovitch !) que le talent des musiciens (dont une violoncelliste bluffante) et celui du récitant conjugués rendent immédiatement "audibles" à tout un chacun.
Chapeau !
Las, je vous allèche, je vous allèche, oubliant de préciser qu'il s'agissait là d'une "dernière" après une séries de dates en régions.
Ne reste qu'à souhaiter une reprise : si, par bonheur, elle devait voir le jour, précipitez-vous !


La "bande-annonce" initiale. Depuis, G.Proust a supprimé les œuvres les plus convenues.

Amis (Friends)


mercredi 18 octobre 2017

On est si petits

Photo de Gao Ming Xi - Night Sea

Automneries

Mes anges


De Matt Lambert
Ma sensibilité me conduit souvent à idéaliser. Ainsi, il n'est pas rare que, m'extasiant devant telle nudité juvénile, l'ami de passage, par dessus mon épaule observant l'objet de mon émoi, se gausse de ma naïveté : - M'enfin, Silvano, tu ne vois pas qu'il s'agit d'un acteur de films pornos ?
Non, je ne le vois pas, je préfère penser que l'ange pose pour un moderne Bronzino, ou, pour la photo ci-dessus, qu'il s'agit d'une pause entre deux séances pour une nouvelle Pietà. l'autre soir, j'ai inséré une photo d'un "angelo" magnifique qu'un commentateur s'est chargé d'identifier comme étant (encore !) un "héros" de vidéos pour adultes.
Peut-on me laisser rêver ?


Mur 


Naviguant de chaîne en chaîne de télé un soir, guettant désespérément de quoi satisfaire mon appétit, j'ai failli renoncer jusqu'au moment où je suis tombé sur un film mêlant fiction, images d'époque et témoignages des protagonistes, qui relatait l'histoire d'étudiants de Berlin Est assistant à l'érection (mais ce n'était pas un film pornographique !) du mur de Berlin, et leurs efforts - couronnés de succès pour certains, menant à la tragédie pour d'autres - pour passer à l'Ouest. C'était captivant. Le titre est Berlin, promotion 61. C'était sur la chaîne Histoire, qui pourrait rediffuser ce programme un de ces jours. J'ai trouvé une bande-annonce ici : clic
J'illustre avec une photo prise en 1989 où l'on voit deux beaux jeunes hommes de l'Est refusant de serrer la main de gens d'en face fêtant la chute du fameux mur.

Que se passe-t-il ?


Et pan sur le bec, comme le titrerait le Canard enchaîné !
Il y a quelques mois, je dénonçais dans un billet la nouvelle manie des journalistes de la presse parlée, télévisée ou écrite, d'employer à tout bout de champ des "ce qu'il se passe", formule remplaçant le "ce qui se passe" d'usage jusqu'alors. Et voilà que l'autre jour, preuve que l'on nous pollue les neurones quand l'on n'y prend garde, je commis la même erreur, dénoncée illico par un commentateur courroucé. Penaud, je corrigeai aussitôt. Je sais qu'il y aura des défenseurs de la nouvelle version pour me rétorquer que la tournure est logique (il se passe quelque chose, et donc...). Et bien, "au final" (grrrr !), je préfère continuer à utiliser l'ancienne, comme Nicole Croisille dans cette chanson de 1969 lors de la soirée de premier tour de l'élection présidentielle que Pompidou remporta au second..
En prime, d'une époque où les variétés permettaient d'attendre les résultats distribués au compte-goutte, vous avez, s'affichant en bas de l'écran, les scores des différents candidats. Gay Cultes, champion de l'information ! 



Croquignolesque

 

On ne manquera pas de s'étonner de voir à ce point critiqué le vocabulaire de l'actuel président de la République. Je ne parle pas des "fainéants" ou de ceux "qui ne sont rien" qui prêtent aisément le flanc à la polémique, surtout quand on les retire en toute bonne foi (!) du contexte. On entend pousser des cris d'orfraie quand M. Macron prononce le mot "bordel", les mêmes ricanant de l'emploi de termes prétendument désuets comme "truchement" (ah bon ?). Il est vrai que le ricanement est devenu un mode de pensée véhiculé à longueur de temps par les réseaux dits sociaux et que personne ne peut y échapper. Ce sont les "hors de" (off !) du président qui intéressent les polémicards de tout poil. En revanche, il ne se trouve personne pour souligner que le langage officiel présidentiel, avec ses mots "démodés" (parce que trop respectueux de la langue ?) et, entre eux, des liaisons enfin respectées auxquelles les deux (voire trois) prédécesseurs ne nous avaient pas habitués. Il y a cependant source d'agacements dans le verbe "jupitérien", une sorte de novlangue où se glissent des "et en même temps", des "toutes et tous", des "pardon de vous le dire"... croquignolets (et non "lesques"). Mon propos où il n'est question que de forme et non de fond, n'a absolument rien de politique ; juste histoire de dire où nous en sommes, "les gens".

Un faune pour réconcilier tout le monde :



mardi 17 octobre 2017

L'ange blanc


J'aime le caractère "non professionnel" de cette photo, ce côté "mets-toi là, je te prends en photo, mon amour !". C'est un garçon comme je les aime, nature, intelligent sans doute, sérieux en études mais volontiers jouisseur, que je labellise "fouloulou" pour toutes ces raisons. Il m'a été impossible, de par sa nature, d'identifier la photo, mais, en revanche, ma recherche a révélé que le poster, sur la porte, est signé Luis Royo et a pour titre... L'ange blanc !
Évidemment.

Inspiration

La bataille des centaures Michel Ange
Art attack par Luca Finotti

dimanche 15 octobre 2017

Plastiquement intéressant

Photo Richard Jeffrey Rothstein

Beau point de vue

Ph. Richard Jeffrey Rothstein
Bon 
dimanche !

Cadeau : une note unique au monde etc.



C'est fou ce qui se passe dans le cerveau du pianiste-interprète avant la première note, ce moment qu'on appellera concentration ou (je préfère) recueillement, car il faut honorer l’œuvre d'un compositeur ; de génie, souvent.
On sait peut-être que, de la première note, découleront toutes les autres : si elle est médiocre, tout le reste sera du même acabit. Si elle est sublime... ce sera magique !
Ici, l'intention se trouve exacerbée par ce "sol" impérieux et profond, déterminant, fondateur, voulu fortissimo et surmonté d'un point d'orgue*.
On le reçoit d'emblée comme un coup qui s'adoucira grâce au fameux point d'orgue, lequel, après l'extinction, laisse la place au thème, joué pianissimo.
Ensuite, tout le génie de Schubert nous prend par la main : variantes, subtiles digressions, jusqu'au retour du thème rendu à sa simplicité originelle avec, je n'ose dire en clin-d’œil, cette note irréelle, ce "sol", qui revient discrètement se rappeler à nous.

Notons :
Les toutes premières mesures de cet Impromptu se font entendre à la reprise, après entracte, du Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Ça m'avait frappé lors d'une récente projection. Autour de moi, personne n'y avait prêté attention. J'en déduisis non sans orgueil que Kubrick m'avait tout spécialement adressé cette allusion.

On écoutera aussi, bien sûr, l'interprétation du pianiste "retraité" Alfred Brendel, "incontournable" (trop ?) ici avec partition : clic
Ce qui n'empêche pas d'avoir une tendresse pour Zimerman, dont les Concertos de Chopin chez DG (non, il ne s'agit pas de Dolce & Gabbana !) sont prodigieux.

* Les journalistes-animateurs des radios et télévisions ont la fâcheuse habitude de confondre "point d'orgue" et "point culminant". Cette erreur s'est généralisée.  Ça m'énerve.




samedi 14 octobre 2017

Jolies chaussettes


Automneries

 

Quand l'automne rit


Après quelques mornes journées sous un 
ciel anthracite, la nature nous fait don de
trois journées ensoleillées dont il faut se
rassasier, qu'il faut mettre à profit pour
marcher dans la ville, admirer les jolis
garçons que cette embellie va mettre sur
notre route en tenue légère provisoire, 
juste avant le retour des cuirasses qui camouflent
la vigueur des corps juvéniles.
Dernière sortie pour les pantalons blancs
et les tee shirt sous lesquels il est si tentant
de passer une main audacieuse : ah, le contact
de ta peau, brigand, qui me tue !

Importantes futilités

 

L'âge étant venu, où le port du tee shirt et du short que l'on trouvait naturel dans les rues de Turin ou 
sur les hauteurs du Trentin, devient, à Paris, ridicule, il me reste pour parade l'élégance, la recherche du plus présentable possible, qui fait dire au vieil ami grec indulgent "comme tu es bien habillé, tu es beau comme ça, Silvano !"
En fait, je n'ai jamais cessé d'être un minet, un "gandin" disait mon père quand je m'apprêtais à sortir revêtu de la veste Lapidus achetée en solde mais bien au-dessus des moyens que m'accordaient mes premiers revenus, cachets dérisoires d'un temps où le statut d'intermittent n'existait pas encore.
Cette semaine j'ai fait l'acquisition d'un costume, coupé "tendance" et classique à la fois, comme en portent les ex-jeunes loups qui gravitent autour de la Maire de Paris, ou dans les cabinets des mairies d'arrondissement, mais je ne l'assortirai pas de la barbe de trois jours de rigueur (je suis encore un rebelle, vois-tu !) ; je me le suis procuré pour donner mes cours, dans l'espoir insensé peut-être d'inciter les élèves à accorder davantage de soin à leur aspect : respect réciproque. C'est le deuxième costume de mon existence, et je ressens la même impression que lorsque je mis ma première montre à mon poignet. 


On a rénové ma chambre cet été, quand je découvrais Torino. Je dormais mal, mon regard sollicité par trop d'objets avant de sombrer enfin ou jamais. J'ai donné à des associations tout ce qui
encombrait l'espace et les placards, renoncé sans regret à ces morceaux de vie qu'on accumule, qui étouffent sous la poussière des temps.
Un peu comme sur cette photo, des murs blancs et très peu de meubles : un lit, la grande armoire indispensable, un valet-de-nuit, une chaise, des stores occultant la lumière, e basta !
Je dors beaucoup mieux.

Plaisir dominical



 Seiler, mon nouvel ami, a des ressources, puissance et douceur.
Il faut le dompter, le dresser comme un animal sauvage.
Je m'y emploie chaque dimanche, où un garçon bienveillant
me rejoint en fin d'après-midi pour m'écouter. 
Il applaudit après chaque pièce plus ou moins bien accomplie.
Il aime un Prélude de Chopin que je joue plutôt bien, en redemande.
Ce sont de doux moments.

Le ridicule ne tue pas les anges.

Lire




La lecture de La société du mystère de Dominique Fernandez (chroniqué ici : clic) m'a incité à lire Vie de Benvenuto Cellini écrite par lui-même qui me fut offert il y a longtemps et que j'avais oublié dans ma bibliothèque.
C'est passionnant et je ne manquerai pas d'y revenir. Pour l'heure, je m'amuse de lire dénoncé, sous la plume de l'auteur, le "vice infâme" pratiqué par certains de ses amis romains, quand on le prend plus d'une fois à s'exalter sur la beauté de tel ou tel ange, dont celle de son apprenti, accordant quelque crédit aux supputations de Fernandez.





Écouter



J'écoute sans relâche l'album de Pierre Lapointe La science du cœur dont je donnerai un second extrait demain. Onze chansons seulement, très beaux textes et arrangements de cordes suaves à souhait. Homo ou non, les émois, les affres, les douleurs de l'amour, sont les mêmes pour tous : Lapointe sait les chanter simplement, juste avec son cœur.

Jeune homme sympathique pour conclure 
aimablement ce billet.